A begenning follows an end ... And it's the end !

Je ferais simple, vous évitant des discours inutiles.

Cette fiction a duré presque deux ans, ce qui est un record pour moi, ne m'imaginant pas écrire un même sujet durant autant de temps!
À quoi sont dû ces années d'écriture? À vous, tout simplement ! Si mon inspiration était toujours présente au court de cette période, j'aurais tout de même été prête à m'arrêter sans votre soutien et vos commentaires aussi gentils que constructifs.
Si j'arrête aujourd'hui, ce n'est pas parce que certains lecteurs ont disparus de la circulation ( au contraire, les fidèles sont toujours présents ), mais parce que cette saison 7 touchait à sa fin ...

Je tiens tout personnellement à remercier les lecteurs qui m'ont soutenus pratiquement dès le début de ma fiction, prenant le temps de me dire ce qui leur plaisait ou non dans les épisodes. Un grand merci sincère à Eva, Justine, Hélène et Marion qui n'ont cessé de suivre ma fiction. Un autre à Solène, Imaine, Joana, undostres444 & encore d'autres qui étaient également présents ... Thank you !

La magie d'Un Dos Tres ferme ses portes ... Et une autre aventure commence ... Si vous voulez suivre ma prochaine fiction, rendez-vous ✒ ici

# Posté le jeudi 17 juillet 2008 06:55

EpisØde 24=>2ème partie & FIN<=

Dernier épisode de ninie345-fic qui clot la fiction

Lorsque les efforts sont récompensés (2/2)

Mercredi 16 Juin.
Un jour comme les autres pour la plupart des habitants de Madrid. Les rues étaient remplies d'autant de véhicules qu'à l'accoutumée, les boutiques avaient ouvertes leurs portes depuis plusieurs heures déjà, les passants arboraient des tenues légères en adéquation avec le temps, les places publiques se remplissaient et se libéraient ; une banalité qui n'étonnera personne.
Cependant, dix-sept jeunes personnes s'étaient réveillés ce matin avec cette sensation que les choses allaient commencer à prendre un autre tournant dans leur vie. Certains n'avaient même pas fermé l'oeil de cette nuit de courte durée. Cette journée de Juin représentait beaucoup pour eux, un enjeu de taille sur leur avenir. Lorsqu'ils étaient arrivés petit à petit jusqu'à un endroit qui leur était bien connu et devenu si cher à leur yeux leurs pas se faisaient pressant même si un certain poids qui pesait sur leurs épaules semblait les ralentir. Ils ne poussaient plus les imposantes portes de l'école des arts de la scène avec l'enthousiasme présent ou pas d'étudier, mais avec la ferme intention de ressortir avec un bout de papier en main. Un simple papier, mais qui représentait tant pour eux... Ils savaient aussi qu'à présent les dès étaient jetés, ils ne pouvaient plus rien faire, seulement attendre patiemment la sentence de leur parcours.
Chacun de ses apprentis danseurs, chanteurs ou acteurs s'étaient rassemblés dans la salle du théâtre, cette même salle qui leur avait permis de commencer l'aventure. À présent ils espéraient qu'elle leur permettraient de la terminer en beauté.

Même si le lieu de rendez-vous se déroulait dans cette salle, trois jeunes femmes se tenaient à l'extérieur, l'une adossée contre le mur, les deux autres assises les jambes croisées à ses côtés.

Lola: Vous partirez deux semaines en Tunisie?
Silvia, hochant la tête: On ne peut pas se permettre plus, car Roberto ne veut pas trop abandonner Sergio cette année. De toute façon on n'aurait pas eu plus de temps à disposition...
Ingrid: C'est vrai que Monsieur doit travailler les chansons de son album.
Silvia, souriant: Je suis si contente qu'il ait des projets.
Ingrid, opinant: Ouais, c'est le genre de truc qui te remonte le moral, de te dire que ta carrière débute.
Silvia: Ce n'est pas plu mal d'approfondir ses connaissances.
Ingrid, riant: Tu n'es pas obligé de défendre mon choix! Evidemment que je vais en apprendre des choses à Paris... Seulement recevoir une proposition alléchante ici à Madrid ne m'aurait pas non plus dérangée...
Lola: C'est sûr que j'aurais moi aussi appréciée détenir un papier signé de main propre représentant mon contrat... Mais ça prend du temps...
Les trois amies se turent, sans doute plongées dans les diverses perspectives de leur avenir à la fois prochain et lointain. Lola décroisa les jambes, ses long cheveux noirs attachés délicatement à l'aide d'une broche posés contre le dossier de la chaise sur laquelle elle se tenait. Elle déposa ses mains sur le fin tissu de sa jupe aux couleurs estivales, réalisant tout ce qu'elle allait inévitablement devoir quitter.
Lola, tentant de rendre sa voix neutre: Vous vous souvenez de notre tout premier jour ici?
Ingrid, souriant: Plutôt oui! Je me souviens des moindres détails de ces moments assez angoissants dans l'ensemble... Je peux même te dire que je suis arrivée en vélo!
Elle se sourit intérieurement, constatant les changements qui s'étaient opérés en elle depuis son entrée dans cette école. Jeune femme là pour des conquêtes et s'amuser, elle avait fini par comprendre qu'il fallait davantage se concentrer sur ses études et faire preuve de détermination si elle voulait réussir. Ces cinq années de cours lui avaient apportés beaucoup, que se soit en connaissances qu'en expériences. Sa relation avec Juan lui avait fait ouvrir les yeux sur les attitudes à avoir avec un compagnon, elle s'en rendait compte à présent. Juan lui avait enseigné indirectement les petits indices qui préparaient une rupture ainsi que ce que signifiait aimer avec un grand "a". Oui, elle l'avait aimé, et même s'il avait tout gâché et ne l'intéressait plus, elle ne pourrait jamais oublié les moments passés à ses côtés.
Silvia, perdue dans ses pensées: Je me souviens de mon manque d'assurance, ça ne m'était encore jamais arrivé... Je m'étais toujours orienté vers la danse, et là je la mélangeais avec du théâtre et du chant! En plus ma tante n'avait pas manqué de me mettre la pression...
Ingrid et Lola notèrent au même instant l'absence de rancoeur dans les propos tenus par leur amie en parlant de sa tante.
Ingrid, réajustant l'une de ses couettes tirées vers l'arrière de la tête: Tu as bien fait de quitter cette école à New-York. Tu viens de comprendre qu'une carrière de ballerine ne t'intéressait pas, alors imagine, comment aurais-tu pu le découvrir sans tout cet environnement?
"Et sans Roberto", songea Silvia.
Lola: Je suis ravie en tout cas que tu ne te prennes pas la tête pour ces histoires d'avenir. Se jeter sur n'importe quel proposition ce n'est pas très intelligent.
Silvia, acquiesçant: J'attendrais le temps qu'il faudra pour trouver un contrat qui me convienne.
La jeune femme racla le sol de ses talons, qui étaient aussi noirs que l'étaient ses chaussures et sa robe élégante et taillée sur mesure. Il s'agissait de celle que lui avait offert sa tante après l'une de ses représentations de l'époque et elle la portait lors des occasions qui méritaient d'être gardé en mémoire.
Ingrid: Il faut quand même préciser qu'on a pratiquement enfreint toutes les règles de l'établissement! Enfin, en ce qui me concerne.
Silvia, riant: Tu as bien fait de rajouter cette dernière phrase! Personnellement je trouve que je me suis assez bien comportée...
Lola: Je n'ai rien non plus à me reprocher!
Ingrid, haussant les sourcils: Et qu'est-ce que tu fais du nombre de fois où on a fait le mur, de nos petites soirées en cachette, de...
Lola: D'accord! Je suis peut-être devenue moins sage qu'avant...
Ingrid, lui faisant un clin d'oeil: Je dirais plutôt plus femme qu'avant!
Silvia: Et un peu moins calme qu'avant!
Les jeunes femmes rigolèrent, donnant l'impression qu'un cercle invisible les tenaient à l'écart du court du temps, les retenant attachées à leurs souvenirs.

Juan passa tout près de leur emplacement, des papiers à la main. Il s'arrêta un instant, observant sans grande discrétion la jupe en jeans d'une taille excessivement courte et le haut rouge moulant d'Ingrid qui riait toujours aux éclats suite au commentaire amusant de Lola. Lorsqu'elle se détacha du souvenir qui lui semblait si près d'une Lola déchirant avec effroi la robe qu'elle lui avait prêtée, la belle rousse détourna le regard et croisa celui de son professeur. Ils s'échangèrent un bref coup de tête en signe de bonjour, mais Juan, après avoir hésité plusieurs secondes, prolongea son geste pour l'inviter à le suivre.
Hésitant à son tour, Ingrid finit par prévenir ses amies de son départ imprévu et sans doute de courte durée, suivant Juan jusque dans sa salle habituelle, celle de musique.

Juan, déposant ses feuilles sur son bureau pour une fois bien rangé: Je ne vais pas te retenir très lontemps, seulement je pense sans doute que j'ai plus de chance de pouvoir te parler avant la remise des diplômes. Si tu l'obtiens tu vas foncer fêter ça avec les autres, et je ne t'aurais pas croisé.
Il émit une pause, Ingrid l'observant dans un silence où se mêlait de la curiosité et un certain respect tout neuf.
Juan, reprenant: Je ne te dis pas si tu as ton diplôme, tu le découvriras bien assez tôt. Je voulais juste... profiter de ce dernier instant où je suis professeur et toi élève pour te féliciter. Tu as su défendre ta place dans cette école, tu as su progresser là où tu rencontrais des problèmes, tu as su faire les bons choix... Et quelques fois des moins bons, mais peut importe. Tu étais une de mes meilleures élèves dans mon cours, ça doit quand même être précisé. J'ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec toi, quand je t'avais en face de moi parmi tous tes camarades et durant mes cours privés. Je voulais aussi te dire... Je voulais m'excuser, parce que c'est bien la dernière occasion que j'ai de la faire. On a passé de merveilleux moments ensemble, je n'avais jamais eu autant de chance avec une autre femme, mais j'ai stupidement tout gâché. J'ai pas su réaliser que mes conneries allaient nous séparer, j'étais aveugle, oui, un gars aveugle et sourd quand tu me prévenais de ce qui risquait d'arriver. Ce que je veux te dire, c'est que tu mérites quelqu'un de bien, quelqu'un qui sache bien te traiter et qui évite de faire les mêmes erreurs que moi... C'est ce que je te souhaite Ingrid.
La jeune femme avait penché la tête sur le côté, comme si elle tentait de maîtriser son comportement. Des larmes vinrent tout de même embuées ses yeux noisettes, et un léger sourire se dessina sur ses lèvres qui s'étaient crispées afin de préserver son émotion. Elle déposa avec douceur sa main droite contre la joue piquante de Juan, le regardant dans les yeux. Celui-ci lui sourit à son tour, serrant sa main levée dans la sienne. Il restèrent ainsi un instant durant ; tout avait été dit.

Lorsque la célèbre directrice fit son entrée dans la salle du théâtre, un silence pesant s'installa, où l'on sentait chez chacun le soucis de bien se comporter pour cette ultime réunion.
Carmen Arranz monta avec élégance les quelques marches qui accédait à la scène, déposant sur la longue et rigide table grise les diplômes des élèves. Le blanc immaculé des papiers attisait le regard, augmentant l'envie dérangeante de courir le retourner pour y lire les inscriptions. Chacun espérait dans son subconscient qu'un de ses bouts de papiers comportait leur nom et prénom, et chacun remarqua non sans une certaine angoisse saisissante qu'il y avait un nombre inférieur de diplôme comparé aux nombres d'étudiants terminant tout juste leur cinquième et dernière année.
Les professeurs arrivèrent petit à petit, prenant place en face du meuble qui servait de support aux éléments clef de cette cérémonie. Juan entra le dernier, fidèle à ses mauvaises habitudes. Antonio prit soin de fermer les portes de la salle dès que tout le monde fut présent, évitant ainsi les coups d'oeil curieux des autres degrés venus exprès pour féliciter—ou consoler—les élèves concernés.
Ayant remplis les premières rangées des sièges, les élèves impliqués n'échangèrent aucune parole encourageante ou angoissée, se contentant d'établir des statistiques dans leur tête, à l'abri des oreilles indiscrètes.
Lola se mordit la lèvre supérieur, son coeur battant plus fort plus le temps avançait. Elle ne se souvenait que trop bien de sa première fois, cet instant où elle se tenait sur cette même scène qui était à présent occupée par une lignée de professeurs. Son geste se répéta, refermant sa main droite sur sa croix, l'embrassant en fermant les yeux, songeant inévitablement à sa mère dont elle sentait la présence rassurante à ses côtés.
Roberto gardait son coude posé sur le dossier du siège de son voisin, dégageant un sentiment d'assurance déconcertant. Cependant, bien que son regard fier restait permanent sur son visage, son esprit était préoccupée par une possibilité à la fois troublante et humiliante pour sa personne. L'hypothèse de ne pas correspondre aux heureux élus n'échappa pas à M.Arenales, qui avait suffisamment acquis en maturité pour savoir qu'il n'était pas le meilleur de sa volée.
Ingrid avait la tête appuyée contre la paume de sa main, le regard perdu devant elle. Devoir remettre à plus tard son école française pour cause de recalage la démangeait, consciente qu'elle devrait faire un choix qui était loin d'être minime. Après des minutes d'hésitation, son coeur et son esprit s'étaient mis d'accord ; "J'irai à Paris quoi qu'il arrive", se dit-elle. Elle voulait aller de l'avant, coûte que coûte.
Silvia cessa un instant de contempler sans les voir ses ongles vernis. Comme à l'accoutumée, la jeune femme garda la maîtrise d'elle-même. Elle posa sans réellement le vouloir ses yeux sur sa tante qui, après avoir remis son ensemble en place, communiqua à l'aide de signes discrets avec Carmen. Alicia lui fit montée une bouffée
de satisfaction encore jamais ressentie qui la fit même sourire. Cette école était symbolique dans sa réussite ; elle représentait son parcours en tant que jeune femme indépendante qui avait pris ses décisions seule et sans contraintes.

Roberto, fronçant les sourcils: Pourquoi tu souries autant?
Silvia haussa les épaules avant de l'embrasser sous son regard surpris et amusé
La directrice échangea un regard entendu avec ses collègues qui avaient tous opté pour une position droite, les mains regroupées en avant. Carmen Arranz se râcla la gorge, s'approchant du micro réglée à sa hauteur.

Carmen, d'une voix diplomatique: Chers élèves... Aujourd'hui marque la fin de votre parcours dans l'école des Arts de la scène, école qui, du moins je l'espère, vous a permis de vous former en danse, en chant, en théâtre et en musique. Et cela grâce à vos indispensables professeurs!
Une salve d'applaudissement se fit entendre dans la salle sous les sourires de remerciement des enseignants.
Carmen, reprenant: Vous avez sans aucun doute connus des moments difficiles, des moments de déceptions, et des moments d'épuisements intenses... Sachez que chacun de ses instants pénibles vous ont rendus plus forts, ils vous ont rendus ce que vous êtes aujourd'hui.
La directrice fit une courte pause, prenant le temps nécessaire pour regarder une dernière fois ces jeunes personnes qui avaient habités son établissement durant plusieurs années.
Carmen: Aujourd'hui, c'est la fin pour certains, un échec rattrapable pour d'autres. Je conseille évidemment à ceux qui auraient malheureusement échoués de recommencer leur dernière année, afin d'obtenir le diplôme sans faute l'année suivante. En ce qui concerne ceux qui vont inévitablement nous quitter.... Je vous souhaite—tout comme vos professeurs—de suivre une route réjouissante, même semée d'embûches, car les difficultés vous font avancées plus vite qu'on ne le croit. Si vous parvenez à atteindre un niveau glorifiant, comme notre Pedro Salvador, tant mieux pour vous. Mon souhait le plus cher? Que mon école vous ait permis de vous épanouir dans votre futur métier. C'est ce que j'espère pour chacun d'entre vous.
La directrice poussa un soupir faiblement perceptible avant de s'éloigner du micro, prenant place sur la chaise centrale, déclenchant le signal qui fit asseoir tous les enseignants à sa suite.
Carmen, saisissant le micro qu'on avait détaché de son pied à son intention: J'appellerais chacun de vous dans un ordre défini. Vous vous approcherez de la table et attendrez que je vous donne votre diplôme ou vous annonce la triste nouvelle.
Un silence angoissant suivi ces derniers mots.
Carmen, les yeux baissés sur une liste: Jéronimo Ruiz.
Jéro, sous les regards encourageants de ses camarades se releva de son siège et se dirigea, comme l'avait demandé la directrice précédemment, jusqu'à atteindre la table grise.
Carmen, souriant: Félicitations, Jéronimo.
Le jeune homme saisit son diplôme, remerciant avec hâte sa directrice.
S'en suivit alors plusieurs passages d'élèves, dont certains se révélaient être pénible à entendre, suite à l'éclat de sanglots d'une élève recalée.

Carmen: Lola Fernandez.
D'une démarche timide et légèrement tremblante, la jeune madrilène retint son souffle. Et lorsque cette surface blanche lui fut tendu, ses yeux s'embuèrent et elle alla embrasser Carmen, les mains encore tremblantes. Ingrid dut se lever lorsque Lola retourna à sa place. Les deux amies s'échangèrent un regard rassurant, ce qui permet à Ingrid d'observer posément Carmen annoncer le verdict.
Carmen: Je te remets avec plaisir ton diplôme. Bravo.
Sous le coup du soulagement brusque et intense, Ingrid éclata de rire, collant son trésor contre son visage.
Carmen: Roberto Arenales.
Le concerné se redressa avant d'avancer d'une démarche assurée, ignorant les éclats de joie émis par quelques chanceux. Cependant, son euphorie fut bien plus volumineuse que celle des autres lorsqu'il reçut en main propre son diplôme.
Carmen: Silvia Jauregui.
La jeune femme, bien habituée à cette démarche à effectuer tout en ressentant un poids pesé sur son estomac, se déplaça avec aisance. Lorsqu'elle arriva devant la table où seul trois diplômes reposaient encore, son regard se posa tout d'abord sur celui de sa tante. Elle lui souriait, comme si elle était sincèrement fière de son parcours.
Carmen: Apparemment tu ne t'es pas trompée en entrant dans cette école. Tu as réussi.
Silvia prit délicatement cette chose tant espérée dans les mains, observant avec un sentiment de joie immuable les fines lettres tapées à l'encre qui révélaient son nom d'artiste. Le mot "Jauregui" disparut un instant de son esprit, remplacé par un "Arenales" qui lui semblait bien mieux approprié pour les années à venir.

Plus tard, alors que tous les diplômes avaient été attribués, professeurs et élèves fêtaient cette victoire autour d'un apéritif improvisé par un Antonio ravi. Lola prenait le temps pour remercier chacun de ses professeurs, en particuliers celle de chant qui lui avait, selon elle, beaucoup appris au cours de cette année. Ingrid conversait avec Cristobal, se remémorant leur nuit d'amour éphémère qui les faisaient bien rire à présent. Silvia écoutait sa tante lui vanter ses mérites, le sourire aux lèvres. Jéro et Junior plaisantèrent sur la grande hésitation qu'ils avaient éprouvée avant d'entrer dans cette école. Roberto, un verre d'alcool à la main, souligna qu'il était tout de même l'un des élèves les plus prometteurs, sous les regards amusés d'Adela et Juan qui ne voulaient quand même pas admettre selon ses désirs qu'il était le meilleur.

Silvia avait fini par s'éloigner de sa tante qui parlait avec Carmen. La jeune femme venait de reposer son verre vide sur le bord d'une table, observant depuis son angle de vue ses camarades réjouis du verdict final. Elle se sourit à elle-même pour la énième fois en cette journée, les bras croisés. Elle se souvint des paroles prononcées par la directrice, qui, elle en était certaine, lui resteraient en mémoire jusqu'à la fin de ses jours.
"Tu as réussi", disait-elle.
Oui, elle avait réussi. Et ses amis également.


# Posté le jeudi 24 avril 2008 13:44

Modifié le vendredi 27 juin 2008 09:26

EpisØde 24=>LØrsque les effØrts sØnt récØmpensés<=

Lorsque les efforts sont récompensés (1/2)


Le soleil de Mai brillait haut dans le ciel, épargné de tout nuage, contrastant avec le bleu pure du ciel. C'était justement sous ce temps idyllique que trois personnes se promenaient le long d'une rue bien connue de Madrid, recevant avec joie les rayons du soleil qui semblait attisait leur bonne humeur. La jeune femme qui se tenait au centre du petit groupe tenait deux sacs en plastiques dans chacune de ses mains, apparemment rempli de vêtements qu'elle venait de s'approprier.
Une des femmes, plus âgées que la précédente, poussa soudain un éclat de rire, tout en gardant une certaine discrétion, tout comme le faisait si souvent la jeune femme qui se tenait à ses côtés.

Francesca: Vraiment ? Je ne savais pas que tu aimais tant le shopping!
Silvia, souriant de bon coeur: C'était juste une fois... Et Alicia a un peu exagéré la fin...
Alicia, d'une voix assurée et amusée: Pas le moins du monde! Tu ne pouvais plus te déplacer tant tu avais ramené d'affaires!
Silvia sourit intérieurement à l'image de se souvenir, un de ses seuls bons souvenirs en compagnie de sa tante.
Francesca: À chacun ses passions! Personnellement je tiens une demie-heure dans un magasin, mais ça s'arrête là!
Alicia, jetant un coup d'oeil à sa nièce: Je crois que la vraie passion de Silvia se résume à autre chose...
Francesca, hochant la tête: La même que moi... Comme quoi notre lignée étai destiné à une carrière de danseuse!
Silvia, soupirant: Oh, je ne sais pas trop si mon futur sera lié à une carrière de danseuse...
Alicia et Francesca s'échangèrent un regard discret, partageant la même pensée.
Alicia, d'un ton neutre: Pourtant tu as été choisie par ce chorégraphe dont tu m'avais parlé, non?
Silvia, acquiesçant: C'est vrai. J'ai envie de danser pour le moment, mais ma vie, mon futur... D'autres envies viendront peut-être se mêler à ma passion...
Francesca opina la tête en silence, rajustant son sac sur l'épaule. Elle semblait comme perdue dans ses pensées.
Alicia: Ca me fait quand même plaisir de voir que tu as déjà une option qui s'ouvre à toi avant même d'obtenir ton diplôme... J'avoue que ça ne m'étonne pas.
Silvia se contenta de sourire face à ce compliment, mais était au fond d'elle-même réellement heureuse de constater que sa tante était toujours aussi convaincue de son talent.
Francesca, le regard complice: Quand tu parles de ton futur... Parles-tu de t'établir dans un endroit fixe, avec des enfants?
Silvia, riant presque: On dirait que c'est presque anormal pour toi d'avoir une seule maison à un seul endroit!
Francesca, approuvant en riant: Je dois dire que j'ai passée la meilleure partie de ma vie à travers mes nombreux voyages. J'étais une nomade. J'emportais avec moi mes affaires personnelles, celles qui me suivaient partout où j'allais, afin d'avoir des repères. Mais j'aimais ça, c'est vrai. Découvrir de nouvelles scènes, un public nouveau et différent...
Silvia, songeuse: Je te comprends... Tout ça c'est ton rêve qui se réalise... Mais que fais-tu de la deuxième partie de ta vie? Celle qui est censée t'apporter de l'amour?
Francesca, soupirant: Je n'avais pas les mêmes conceptions de la vie que toi à ton âge... Pour moi, il n'y avait que ma carrière qui comptait, le reste passait au second plan...Et je t'ordonne de ne pas commettre la même bêtise que ta vieille mère idiote et sans sentiments!
Silvia, souriant: Arrête avec ça! Je connais les circonstances de l'époque, c'était ton choix, ça ne sert à rien de revenir la-dessus. Tu as encore le reste de ta vie pour modifier tes erreurs...
Alicia: Si je peux me mêler à la conversation, je tenais à te dire Silvia que, si jamais il t'arrivait d'avoir des enfants, ta mère et moi pourrions toujours les garder durant tes représentations...
Silvia, haussant les sourcils: Alicia...
Alicia, innocemment: J'ai juste énuméré une des possibilités qui s'offraient à toi! Bien évidemment, tu peux emprunter un tout autre chemin, je ne te jurerais pas autrement!
Silvia rajusta une mèche de cheveux qui s'était défaite de sa queue de cheval, observant par la même occasion la bague qui brillait à son index, celle qui lui rappelait à chaque regard qu'elle avait une personne qui comptait partager sa vie à ses côtés... Que c'était bon d'entendre sa tante parler ainsi! Plus de sous-entendus quant à son devoir de poursuivre une carrière, plus de regard énervé lorsqu'elle voyait un avenir différent, plus de tentatives préparées à l'avance pour la mener vers une carrière de danseuse... Il n'y avait plus d'Alicia Jauregui, co-directrice de l'école de Carmen Arranz, mais Alicia tout court, sa tante.
Francesca, indiquant d'un geste de la main un petit bistrot lointain: On pourrait se poser là-bas.
Alicia: Bonne idée, ça permettra à Silvia de poser ses sacs un moment, elle a l'air de peiner à soutenir le poids de ses achats...
Silvia, feignant l'indifférence: Je suis habituée, souviens-toi.
Alicia sourit en secouant la tête, amusée par ces habitudes parfois étranges qui restaient les mêmes au fil des années, malgré les inconvénients qui allaient avec.
Francesca, une fois arrivée devant le bistrot: Il paraît que cet endroit offre une grande variété de boissons.
Silvia, surprise: Ah tu t'y connais en bistrot?
Francesca, souriant malicieusement: C'est ton cher Roberto qui m'en a parlé. Il avait l'habitude d'y emmener Sergio lorsqu'il se promenait avec lui... Comment va-t-il au fait?
Silvia: Il va plutôt bien. Et le meilleur c'est qu'il ne rencontre aucune difficulté à l'école pour l'instant. Et il aime toujours autant le piano.
Un serveur arriva, laissant un bref instant aux clientes afin de leur permettre de faire un choix parmi—comme l'avait affirmée Francesca—le grand nombres de possibilités qui s'offraient à elles. Silvia commanda sa boisson sans envie particulière, toujours encrée dans son sujet qui devait bientôt devenir concret face à la remise des diplômes qui s'approchait à grands pas.
Lorsque ce même serveur leur ramena peu de temps plus tard leurs boissons respectives, la jeune madrilène observa la tasse en porcelaine de son café, perdue entre ses rêves et la réalité. Cependant, lorsqu'elle prit la parole, ce fut d'une voix assurée et sérieuse qu'elle s'exprima :

- Je ne quitterais jamais Madrid.

À l'intérieur d'un appartement quelque peu désordonnée, deux jeunes femmes tentaient—avec la part de patience qui leur restait—de ranger ce qui pourrait être susceptible de déranger la venue imminente de leur visiteur. La plus petite des deux attrapa trois coussins d'un même mouvement de main et les fourra tant bien que mal dans une armoire déjà plein à craquer. Elle passa une main agacée sur ses longs cheveux noirs qui lui tombaient devant les yeux suite à ses gestes rapides et tourna autour d'elle-même, constatant bien malgré elle le désordre qui prenait le dessus.
Ingrid, saisissant une pile de feuilles volantes: Ne te décourage pas si vite, on a encore quelques minutes devant nous...
Lola: Justement! Tu imagines s'il refuse à cause de tout ce... On ne distingue plus rien ici!
La jeune femme donna un coup de pied rageur et démoralisé sur un autre coussin qui traînait par terre.
Ingrid, secouant la tête: Cesse de te mettre dans un état pareil pour si peu de choses... Tu es majeure et vaccinée que je sache, non ? Alors c'est à toi de choisir!
Lola, se mordant la lèvre inférieure: T'as raison... Mais tu sais que je ne dormirais bien que si j'ai son accord!
Ingrid, soupirant: Il serait temps que tout te sépare un peu de ton père ma petite Lola. Tu ne pourras pas toujours suivre ses désirs. Si tu savais le nombre de fois où j'étais en désaccord avec ma grand-mère... Ce qui ne nous a pas empêchées de bien nous entendre!
Lola, se laissant tomber parmi les couvertures et les coussins: J'aimerais tellement que tu aies raison...
Ingrid: Mais j'ai raison!
Lola: Très bien. Je lui explique ma décision, et... tant pis si ça ne lui va pas!
Ingrid, riant en secouant la tête: Ah toi alors... Tu réagis enfin comme une adulte!
Lola: J'ai mes principes, c'est tout!
Ingrid, lui lançant des papiers la concernant: Tu n'en as justement pas à faire respecter.
Lola, ramassant les feuilles qui lui avaient échappées: Il ne va pas te manquer cet appart'? Après tout, il a marqué nos deux dernières années dans l'école de Carmen Arranz, notre rencontre avec Nacho, avec Filippe aussi... Et mon premier endroit loin de mon père!
Ingrid: LOLA! Arrête tu veux! On tourne une page de notre parcours, rien de plus. Si tu résonnes comme ça je te voie encore changer d'avis à la dernière minute! De toute façon en ce qui me concerne, ma décision est prise, j'ai signé les papiers!
Lola: Ouais... Tu es sûr que Paris est mieux que Madrid?
Ingrid, s'allumant une cigarette: Sais pas... Mais je reviendrais en parlant le français et avec un diplôme plus approfondie en matière de chant... Pas mal, non?
Lola, hochant la tête malgré elle: Evidemment. Heureusement que Silvia ait décidé de rester ici! Si vous me quittez toutes les deux...
Ingrid: Lola... Je reviens dans six mois! Et tu as intérêt à me rendre visite! Bon, je te souhaite bon courage avec ton père, et souviens-toi, en aucun cas tu ne changes d'avis, ne serait-ce que pour Filippe!
Lola: Oui oui, je lui dirais que j'irais m'installer avec l'homme de ma vie, qu'il soit d'accord ou pas.
Ingrid, souriant et attrapant ses clefs: T'as tout compris. Mais avec moins de brutalité peut-être...
Lola lui lança un clin d'oeil pour la rassurer et, une fois que son amie s'en fut aller, elle laissa tomber l'option ménage avant l'arrivée du parent et avala plusieurs gorgées rafraîchissantes. Elle ferma les yeux un instant, s'imaginant assise sur un canapé soyeux en compagnie de Filippe avec son tableau préféré accroché juste en face. Elle s'imaginait lui concocter ses repas préférés le soir lorsqu'elle ne travaillerait pas, leur discussion sur leur vie future... Elle s'imagina combien il serait agréable de ne partager une maison qu'avec la présence rassurante et distrayante de celui qui allait partager un bout de sa vie, toute sa vie peut-être...
Ce fut à cet instant que la sonnerie retentit, la tirant de ses rêveries. Ses cheveux n'avaient pas eu le temps d'être coiffés, elle portait encore ses habits de maison et une partie de son mascara avait coulé; peut importe, il ne s'agissait que de son père!
Lorsqu'elle ouvrit la porte, prête à lui imposer sa décision quoi qu'en soient les conséquences, ses yeux noirs s'arrondirent en découvrant la véritable identité de la personne. Un jeune homme, dont une barbe toute fraîche lui recouvrait une partie du visage l'observait, très serein. Lola rabattit la porte derrière elle, la lui claquant au nez. Sa stupéfaction mêlée à son horreur l'obligèrent à reprendre ses esprits. Elle était adulte, elle devait donc réagir en adulte civilisé.
Lola pressa la poignée, sentant son coeur battre plus fort. Elle regarda fixement les yeux de cet homme qui l'avait tant fait souffrir, tant déçue, et attendit qu'il s'explique.

Pedro, légèrement dérouté par sa réaction: Je suis désolé si je dérange. J'ai préféré ne pas te téléphoner pour te faire une surprise... Je crois que j'aurais plutôt du faire le contraire...
Il passa une main derrière la tête, gêné. Lola attendait toujours sur le seuil de la porte, posée sur toute la partie de la porte d'entrée, l'empêchant ainsi de pénétrer à l'intérieur.
Pedro: Je viens de terminer tous les projets qui tournaient autour de mon film. Les tournages, les interviews, la promo... Tout ça c'est terminé.
Lola hocha la tête, la main cramponnée aux deux extrémité de la porte.
Pedro, visiblement surprise par son attitude: J'ai pris l'initiative de m'installer pour quelque temps à Madrid... Histoire de souffler un peu, en dehors du showbiz... Avec toi.
Lola détourna enfin le regard, fixant le sol. Elle sentit la main de Pedro passer sous son menton pour lui relever doucement la tête, les yeux pleins d'espoirs et d'assurances.
Pedro: Je t'avais promis de te consacrer la plus grande partie du temps que j'avais à disposition... Ca y est Lola. J'ai mis de côté ma carrière d'acteur pour vivre tranquillement dans ma ville natale, avec celle que j'aime. Si tu veux, on pourra même regarder ensemble les propositions que je risque de recevoir dans les moins qui viennent...
Lola, d'une voix étrangement calme: Tu penses rester combien de temps ici?
Pedro: En tout cas quatre mois. Le temps que mon film ait fait son temps. Après je chercherais un autre projet, mais sa concrétisation peut facilement prendre d'autres mois...
Lola: Tu veux que je te donne la liste des hôtels les plus chics de Madrid?
Pedro relâcha le menton de Lola, comprenant que ses paroles n'avaient pas l'effet espéré.
Pedro: J'aurais... j'aurais aimé plutôt loger à tes côtés dans un appartement que j'ai repéré en arrivant ici... S'il te convient bien sûr.
Lola, gardant son ton posé: J'emménage bientôt, et je ne crois pas avoir l'envie de vivre à travers deux domiciles différents...
Pedro fronça les sourcils, peinant à comprendre où était l'erreur.
Pedro: Je n'arrive plus à te suivre. Tu me dis que tu m'attendrais, que je pouvais encore laisser tomber ma vie professionnelle si je voulais t'avoir... Et là tu me dis que...
Lola, d'une voix dure: Et tu ne l'as pas fait.
Pedro, d'un ton affligé: J'ai pourtant creuser un espace, afin de t'y glisser. Tu m'as dt que tu m'attendrais...
Lola: J'ai trop attendu. Tu as mis trop de temps pour tout ; pour revenir, pour comprendre, pour m'inscrire dans ta vie. Le temps, ça se gagne, et tu es loin de l'avoir gagné.
Les yeux de Pedro avaient perdus de leur éclat, ils observaient la jeune femme en qui ils plaçaient tout leur espoir comme si un voile s'était dressé devant eux.
Pedro: Lola... Tu te rends compte que... À notre dernière conversation tu m'as dit que tu m'aimais, que tu voulais me revoir, que...
Lola, la voix vibrante: J'ai enfin compris que j'avais tort! Je ne peux pas vivre avec toi, je ne veux plus souffrir! Je ne veux pas d'un mari qui est constamment en voyage! JE N'EN VEUX PAS!
Elle sentait ses lèvres trembler, ses yeux la picoter et ses mains cramponner plus ferment les bords de son entrée, mais elle s'obligea à garder le contrôle d'elle-même.
Pedro, ébranlé: Je... Je suis revenu ici, tu en as la preuve devant les yeux! Je suis prêt à raccourcir les offres pour être avec toi! Pourquoi ne pas essayer?
Lola, refoulant ses larmes: Parce que tu n'es pas celui que j'attendais. J'aimais Pedro Salvador, et je ne le vois plus. Il est toujours en toi, mais si loin, il n'est plus là pour moi...
Pedro: S'il-te-plaît... C'est toi que j'aimes, si je ne peux me rattacher à personne je perdrais la tête, comment est-ce que j'arriverais à oublier le monde dans lequel je travaille?
Lola, la voix tremblante malgré elle: Ce n'est plus mon problème. Va-t-en.
Pedro se mordit les lèvres, retenant des larmes dérangeantes qui ne demandaient qu'à s'exprimer. Il ressentait une lourde boule dans l'estomac, comme si elle représentait le poids de ses actions. Il réalisait qu'il venait de perdre la personne la plus chère à ses yeux, que celle qui se tenait devant lui ne représentait qu'une copie, que la vraie était loin, bien au-delà de tout ça...
Pedro attrapa la main droite de Lola et la garda quelques instants à l'intérieurs des siennes, contact qu'il aurait souhaité ressentir sans tout ce déchirement qui faisait rage en lui. Il finit par attirer la main de sa bien-aimée jusqu'à sa bouche, lui déposant tous ses sentiments dessus. Un simple baiser, qui résumait tout et concluait la situation dans un silence lourd et insupportable.

Pedro, murmurant: Adieu Lola.
Il relâcha avec lenteur le dernier morceau qui le rattachait encore à son amante et lui tourna le dos, l'air environnant lui semblant extrêmement pesant. Lola laissa quelques instant sa mains pendre là où Pedro venait de la quitter, respirant difficilement.
Lorsque les pas réguliers de celui-ci cessèrent de résonner, elle referma brutalement la porte derrière elle, réalisant enfin qu'elle venait de classer Pedro dans un dossier terminé de sa vie. Après cette constatation à la fois troublante et rassurante, elle éclata en sanglots.

# Posté le mardi 04 mars 2008 13:26

Modifié le mercredi 25 juin 2008 10:45

EpisØde 23=>Le temps passent, mais les amis restent<=

Episode 23 ...
Vous devez peut-être vous demandez pourquoi je n'ai pas terminé le chapitre précédent ...
Tout simplement parce qu'il m'a paru assez long comme ça, et que je n'avais rien à ajouter en ce qui concernait le sujet du titre. Voici le début de ce 23ème épisode, pourtant pas identiques à ceux que vous avez l'habitude de lire : J'ai raccourci le temps, j'ai fait avancer les mois, et cet épisode se fera en plusieurs parties, la première étant à votre disposition. Pourquoi avancer comme ça? Pour terminer ma fic de la façon que j'avais prévue depuis le commencement. Attention, elle n'est pas terminée dès cette semaine, cet épisode (et peut-être un prochain également), fera office de fin, les explications viendront plus tard.
Encore un grand merci pour vos comms de soutien, c'est grâce à vous que j'ai plaisir d'écrire cette fic ;)



Le temps passe, mais les amis restent


Le vent glacial de Janvier venait fouetter le visage des divers passants qui emplissaient les ruelles, se hâtant de rejoindre au plus vite l'intérieur d'une demeure quelconque qui les délivrera de ce froid dérangeant.
Un bistrot, dont la lumière et l'ambiance accueillante attirait du monde était à présent rempli de toute sorte de gens, chacun pour une cause inconnue des autres, déposant gants, vestes et écharpes sur le bois vernis de la table qu'ils avaient choisie.
Une jeune femme venait justement de faire son entrée, et respira avec joie l'air chaud qui emplissait la pièce. Elle se hâta d'ôter son bonnet en laine, libérant ses long cheveux bruns. Elle repéra du coin de l'oeil une petite table dans le fond du bistrot, éclairée faiblement, où deux personnes, dont une qu'elle reconnue aisément, étaient déjà assises.
Arrivée à un mètre de la table en question, la jeune femme arrêta net sa marche, dévisageant non sans stupéfaction le visage familier de la deuxième personne aperçue précédemment. Celle-ci lui rendit son regard sans ciller et l'invita à prendre place.

Alicia: C'est gentil d'être venu Silvia.
Silvia, le ton froid: Si tu avais eu la gentillesse de me dire le but de notre rencontre, crois-moi que je ne serais pas venue.
Alicia, affichant un sourire: C'est justement la raison de mon silence.
Silvia ne sourit pas, et continua d'observer sa mère qui buvait son espresso par petites gorgées.
Silvia, brisant le silence: Bon, qu'est-ce que vous me voulez? Que je puisse retourner à mes affaires.
Alicia, déposant ses deux mais sur la table: Francesca et moi-même avons quelques explications à te fournir, explications que tu as amplement méritées, Silvia.
Silvia les dévisagea une à une, s'attendant à tout moment à ce que leur sourire s'effacent, mais ils restèrent intactes, à son grand étonnement.
Fransceca: C'est fou comme tu es toujours aussi ravissante.
Peut-être y avait-il une once de vérité et d'affection dans ses paroles, mais de toute évidence elles échappèrent à Silvia, qui cherchait ce qui allait se passer.
Presque deux mois... Deux mois qu'elle avait enfin rencontré sa mère, deux moi que celle-ci s'était enfuies sans désirer les approcher, deux mois que Silvia n'avait eu de nouvelles sans vraiment chercher à en avoir, deux mois qu'elle devait avaler l'idée qu'elle avait perdue sa mère pour la deuxième fois...
Et voilà que, aujourd'hui, sa tante lui amenait sa mère, comme si cela s'avérait évident. Comme si elle était censé sourire avec elle, et écouter avec bonne humeur leurs explications.

Francesca, reprenant: Tu as sans doute encore dans la tête l'image de notre dernière rencontre...
Silvia, le ton toujours aussi sec et froid: Comment l'oublier?
Francesca jeta un coup d'oeil entendu à Alicia avant de poursuivre.
Francesca: M'être enfui en apercevant ma fille n'était peut-etre pas la meilleure chose à faire, mais, crois-moi, j'avais pourtant de bonnes raisons...
Silvia la jaugea d'un regard froid et se contenta de croiser les bras.
Francesca: Ton père a n'a jamais réellement désiré me tuer afin de me remplacer par Ari...Bien évidemment, il ne m'aimait plus comme avant, je savais que quelquechose s'était brisé entree nous, mais, malgré tout, il m'aimait, j'en suis certaine, sans vouloir se l'avouer. Il avait vu en Ari la gloire, la richesse, et, c'est ce qu'il voulait se faire croire, l'amour. Je le répète, il n'aurait jamais pu me tuer, il n'en était pas capable, ton père a des sentiments cachés au fond de lui, certes, mais il en a.
Silvia, prenant par à la conversation malgré elle: Alors comment a-t-il réussi à se débarasser de vous?
Francesca, soupirant: Il connaissait mes faiblesses, malheureusement. Je n'ai jamais eu la vie dont j'ai rêvé, tu sais, et depuis petite je rêvais d'une vie où l'argent serait présent, où l'argent triompherait...Ce sont sans aucun doutes les années qui me rongent encore, et dont j'ai terriblement honte...Je ne peux me passer d'argent, je ne peux m'empêcher de m'assurer que mon compte est bien rempli, que tout va bien. Même avec une somme raisonnable j'en demande encore plus...Tu as honte de moi, pas vrai?
Francesca jeta un regard presque apeurée à sa fille, redoutant la réponse.
Silvia, détournant la question: Continuez.
Francesca: Il m'a proposé une belle somme...Belle somme pour recommencer ma vie, m'assurer de posséder assez d'argent pour vivre aisément. Bien évidemment, personne ne devait être au courant, c'est pourquoi il a raconté cette histoire de meutre à ta tante. Bien évidemment, je voulais t'emmener. Tu étais ma plus grande joie, ce qui m'a véritablement fait sourire durant toute mon existence. Il a voulu te garder, mais m'a fait promettre de te parler de moi dès que tu seras en âge de comprendre, et de te demander de choisir...Si tu choisissais de me revoir et de vivre avec moi, il devait me retrouver et t'ammener...J'ai longtemps attendue ton appel...Un signe venant de toi...J'ai attendu, j'espèrais...Mais tu n'es pas venue, et j'ai fini par perdre espoir, noyant ma tristesse dans la dance. Quand je t'ai revue avec Alicia, la dernière fois, je n'ai pas compris. Pour moi tu m'avais ignorée durant toute ton adolescence, ta vie d'adulte également, et soudain tu refaisais surface...J'avais peur de réaliser que tu venais non pour me voir, mais pour une question d'argent. J'avais peur d'être terriblement déçue en t'écoutant, alors j'ai préférée fuir, jusqu'à ce que j'apprenne la vérité...
Francesca battit rapidement des cils, empêchant les larmes de couler. Silvia ne changea pas de position, son sang bouillonant à l'intérieur. La portrait de sa mère tel qu'elle venait de l'apprendre ne lui serait jamais venu à l'esprit. Depuis qu'Alicia lui avait parlé de cette mère tuée sous le commandement de son père, elle se l'était imaginée généreuse, aimante, heureuse, soi-même. Voilà qu'elle se révélait être une dépendante à l'argent, elle, sa mère...
Alicia: Francesca t'as dit la vérité Silvia.
Silvia, la gorge nouée: Alors, vous avez préféré choisir l'argent plutôt que votre enfant?
Francesca, baissant les yeux: Je sais Silvia, ce n'est pas un comportement à féliciter. Mais crois-moi, je t'aimais énormément, et je t'aime encore. Savoir par le biais d'Alicia que tu as tenté de me retrouver dès que tu as su l'histoire déformé de ton père m'a remplie d'une joie indéfinissable. Pardonne-moi Silvia! Je suis comme ça, c'est moi, ma façon d'être, mais je ne pourrais supporter de te perdre une fois de plus!
Le ton de Francesca était suppliant, comme celui d'Alicia lorsqu'elle lui avait parlé de sa trahison envers sa mère. Ses yeux, sa bouche, son visage, tout son être implorait le regard impassible de la jeune femme de lui pardonner, de lui donner une deuxième chance.
Silvia, poussant d'un bruit sourd la chaise sur laquelle elle avait prit place: J'ai besoin de réfléchir. J'ai envie d'une vie simple, où tous les éléments seraient classés par ordre alphabétique, sans désordre, que ma vie ait un sens, que je comprenne ce que je fais et les personnes qui m'entourent. Vous voulez en faire partie? Pour l'iinstant vous risqueriez de briser tout l'ordre que je me suis créé.

Il l'attendait, une bouquet de fleurs à la main.
Un grand et beau sourire s'étala sur le visage de la jeune femme, marchant d'un pas allègre. Sa petite robe rouge semblait flotter dans l'air frais, elle aurait pu avoir froid par ce mois de Janvier, mais elle n'y prit pas garde, et avança jusqu'à l'homme qui l'attendait avec un sourire. Elle avait eu terriblement peur qu'il lui pose un lapin, qu'il ait un empêchement de dernière minute, que quelque chose ne joue pas dans leur plan, mais cette fois ils auraient une soirée bien à eux!

Filippe, souriant: Toujours aussi ravissante!
Lola lui répondit par un baiser.
Lola, rayonnante: Toujours aussi élégant!
Les deux jeunes gens rirent ensemble, de la buée s'échappant de leurs bouches.
Filippe: Et si on entrait à l'intérieur? A moins que tu veuilles manger à la belle étoile?
Lola, faisant mine d'hésiter: Je dirais... Je laisse la parole à mon prince charmant!
Filippe lui sourit, et tourna la tête en direction du restaurant dont les portes vitrées étaient éclairées. Les serveurs avançaient entre les tables bien disposées à intervalles réguliers, leur plateau à la main.
Filippe, observant à présent la jolie brune: Tu n'as pas froid dans ce vent glacial?
Lola, tirant sur sa petite veste noire: Pas vraiment...
Filippe: Moi non plus...Attend moi deux minutes, ok?
Il se pencha vers le visage matte de Lola et lui déposa un autre baiser sur les lèvres avant de filer à l'intérieur du restaurant, la laissant seule au milieu des voitures rangées côte à côte.
Lola inspira une bouffée d'air frais, hûmant avec joie la nouvelle vie qui s'offrait à elle. Elle observa un jeune couple marchant main dans la main et sourit à nouveau. Combien aurait-elle donné pour obtenir ce qu'elle possédait en cet instant? Sans doute n'aurait-elle même pas pu imaginer que cela lui arriverait. Pourtant, malgré le bonheur présent dans sa vie, un petit bémol restait là, caché au milieu de ce flot de bonheur. La tête de Pedro restait gravé dans son esprit, aussi clair et distinct qu'elle voyait les détails qui composaient les voitures. Ses pensées se centraient souvent sur lui, se posant des questions qu'elle aurait préférée éviter, mais qui venaient quand même. Bientôt, se disait-elle après avoir songée à lui, elle réussira à chasser complétement Pedro de son esprit, cet homme qui l'avait fait souffert et rendu heureuse à la fois. Elle l'espérait, elle continuait à se battre pour cela, jusqu'à que son but ait été atteint.
Le visage de Pedro se dissipa brusquement lorsque Filippe arriva, un grand et mystérieux sourire aux lèvres.

Lola, arrivant à sa rencontre: Qu'est-ce que tu mijotes?
Filippe, lui prenant les mains: Suis-moi.
Ils entrèrent dans le restaurant, passèrent devant les nombreuses tables, les nombreuses personnes, les vingtaines de serveurs, les cuisines, et Filippe poussa une petite porte située au fond du restaurant, donnant sur une terrasse. L'endroit était vide, silencieux, tranquille, et les pots de fleurs qui entouraient la seule table présentes bougeaient toutes ensemble au rythme du vent. La table en question était vêtue d'une nappe d'un blanc immaculé, deux verres, et deux couverts disposés à chaque extrémité. Des chandelles illuminaient un cercle de la terrasse, comme si cet espace leur appartenait.
Lola, ébahit: C'est...c'est toi qui a fait tout ça?
Filippe, l'embrassant sur le front: Je croyais que tu n'avais pas froid?
Lola, l'embrassant plusieurs fois de suite: Oh...c'est...génial...t'es...un...amour!
Filippe l'entraîna vers la place qui lui était attribuée et la lui tira. Il déplaça la sienne, de façon à la positionner proche de celle de Lola.
Filippe, d'une voix d'un brin craintive: Tu es heureuse?
Lola, le regardant dans les yeux: Je ne l'ai jamais autant été!
Filippe l'entoura de ses bras et l'embrassa.
Peut-être avait-elle déjà été plus heureuse, mais une chose était sûre, elle n'avait jamais eu aussi chaud un mois de Janvier.


****


Allongé dans un des canapé du salon, une bière à la main, Roberto se distrayait tant bien que mal avec le téléviseur qui lui proposait diverses images qui n'avaient pas grand intérêt à ses yeux. Il jeta un oeil à sa montre : deux heures moins quart. Encore un petit quart d'heure à attendre, et il pourrait enfin découvrir la réaction de sa bien-aimé.
Sergio, faisant irruption dans la pièce: Papa! Papa, elle arrive quand, dis ?
Roberto fut contraint de sortir de sa torpeur passagère, s'étirant au passage.
Roberto: Je ne sais pas, fiston. Enfin, si, vers deux heures normalement.
Sergio repoussa doucement le pied de son père qui prenait toute la place restante du canapé pour s'y installer à son tour.
Sergio: Qu'est-ce que tu regardes?
Roberto jeta un bref coup d'oeil aux deux personnages qui défilaient sur l'écran, se souvenant enfin du sujet de l'émission.
Roberto, éteignant le poste: Rien pour toi.
Sergio se raidit et rentra le menton, vexé de la réponse.
Roberto, se retirant du cuir moelleux à contre-coeur: Allez, viens voir avec moi si rien ne manque.
Deux options se présentèrent à l'enfant : continuer de bouder afin de montrer à son père dans quel état il se trouvait, ou bien accompagné celui-ci avant que Silvia n'arrive.
Préférant opter pour la deuxième option, le petit garçon se leva à son tour et gambada jusqu'à la cuisine.

Roberto, d'un oiel inquisiteur: Tu crois qu'il y a tout?
Il se parlait plus à lui-même qu'à son fils. La cuisine avait été entièrement rangée, les paperasses et les couverts sales habituels remis à leur place. La petite table avait été recouverte d'une nappe bleu parsemé de petits coeurs rouges vifs. Elle était dressée pour trois personnes, un menu astucieusement choisi une semaine auparavant. Au centre de ce décor préparé avec soin reposait une enveloppe, d'un blanc immaculé, qui semblait attendre qu'on l'ouvre.
Sergio, rassurant: Ca lui fera plaisir, c'est sûr.
Roberto, soupirant: J'espère.
Arrivait-il encore à douter de tout?
Un brusque cliquetis les retira de leurs pensées, et Roberto se hâta de sortir de la pièce, refermant doucement la porte derrière lui. Sergio se rua vers le miroir du hall, s'applatissant rapidement les cheveux afin d'avoir l'air un peu plus présentable.

Silvia, après avoir refermé la porte d'entrée: Il y a quelqu'un?
Roberto: Il y aura toujours quelqu'un pour t'accueillir, princesse.
La princesse en question lui sourit en déposant ses clefs à leur endroit habituel.
Roberto, enchaînant: Comment s'est passé ton début de journée?
Silvia, retirant ses chaussures: Pas trop mal. Filippe a toujours une blague a raconté, c'est fou! Et Lola et lui semblent si heureux ensemble... Je suis très contente pour elle.
Roberto, hochant la tête: Oui ça lui changera les idées.
Sergio, s'approchant de son père: Papa... T'attends quoi?
Silvia, déconcertée: Qu'est-ce qu'il se passe?
Roberto, lançant un regard entendu à son fils: Oh rien, Sergio espérait pouvoir passer à table.
Silvia: Oh, on va manger? Ca tombe bien, je n'ai pas avaler grand chose chez eux.
Roberto lui sourit et la prit par la main. Il l'entraîna par la porte du salon, contourna le canapé et le téléviseur, puis s'arrêta devant une porte close. Soudain, il appréhenda la réaction de Silvia.
Silvia, souriante: Tu n'ouvres pas?
Sergio, venant à la rescousse de son père: Moi, j'ouvre.
Contraint d'entrer à leur suite dans la cuisine, Roberto passa un bras autour des épaules de sa bien-aimé et la fit pivoter en face de la table dressée à son attention.
Silvia: Oh, c'est...
Elle ne trouvait pas de mots pour exprimer son ravissement. Cette table, ce décor, cette cuisine, cet espace rien qu'à eux, à eux trois, en famille. La jeune femme s'approcha d'un peu plus près, contemplant en souriant les serviettes rouges et or qui représentaient une ballerine tracée en noir. Elle caressa du bout du doigt un des coeurs discret de la nappe.
L'enveloppe blanche attira son regard, sans pour autant oser la saisir.

Roberto, ayant suivi son regard: Ouvre-la.
Silvia attrapa doucement l'enveloppe en question et en sortit un papier officiel. Déconcertée, elle parcourut des yeux le texte qui semblait la concerner. M.Alfolaz... Elle avait déjà entendu ce nom.
La pensée et les images lui revinrent. Ce grand chorégraphe, qui cherchait de jeune talent pour entrer dans sa compagnie afin de donner plusieurs spectacles dans toute l'Espagne. Oui!
Baissant les yeux plus bas vers les dernières lignes, son coeur fit un bond : il désirait la rencontrer pour lui proposer une place dans sa troupe si sa prestation lui plairait. Apparemment, quelqu'un lui avait parlé d'elle d'une façon si convaincante qu'il n'attendait plus qu'à découvrir la preuve de son talent.
La jeune femme releva la tête, ayant du mal à réaliser ce qu'elle tenait entre les mains. Visiblement, l'expression qu'elle offrait semblait suffir aux deux autres personnes présentes qui lui souriaient.
Roberto s'approcha d'elle, l'entoura de ses bras et lui murmura au creux de l'oreille:

- Joyeux anniversaire.

****


Un vent léger et agréable se répandait dans tout Madrid, pendant que les nuages finissaient tous par disparaître, laissant place à un ciel bleu et dégagé.
L'aéroport était rempli de monde, et par ce beau temps aucun vol n'a été annulé. Les gens se pressaient à l'intérieur de cet imposant bâtiment qui amener chaque personne en des lieux différents, qui leur feront vivre de nouvelles ou d'anciennes habitudes.
Une de ces personnes-ci avançait lentement et posément le long du rez-de-chaussé, deux valises calées sur un chariot qu'elle poussait avec elle. Son regard parcourait avec un intérêt nouveau les larges fenêtres de l'aéroport qui offraient une vue sur le paysage baigné de soleil.
Ces arbres, cette rue au loin, ces voitures qui fonçaient dans un but quelconque, ces murs, cette bande d'herbe qui tentait d'égayer le décor ... Tous ces éléments qui constituaient sa ville, toutes ces choses qu'elle avait sans doute aperçut dans le temps sans y prêter une grande attention...
La jeune personne poussa un soupir presque nostalgique avant de se débarrasser de ses valises encombrantes. Elle rajusta une mèche de cheveux brun qui s'était dégagé de sa queue de cheval faite à la hâte, étant partie précipitamment de chez sa soeur. Celle-ci avait accepté de l'héberger ces derniers jours, et elle lui en était très reconnaissante.
Lorsqu'elle arriva au numéro indiqué sur son billet de vol, la jeune femme prit place sur un des sièges gris terne, éloigné des autres places occupées. Elle souhaitait être écarté de tout autre être humain afin de pouvoir faire le point dans le calme.
Ses yeux bruns s'agrandirent lorsqu'une personne élancée se précipitait à sa rencontre.

Adela, essoufflée: Marta! Enfin!
Son ton trahissait un léger reproche.
Marta: Je suis désolé... Mais il y a eu une erreur avec mon vol, alors je risquais de le manquer si...
Adela, terminant la phrase à sa place: Si tu avais pris le temps de faire tes adieux à ta grande soeur!
Marta, le regard coupable: C'est ça... Mais je suis heureuse que tu sois venue! J'aurais tellement culpabiliser pendant le vol sinon!
Adela, ayant retrouver le sourire: Enfin, je n'allais quand même pas te laisser filer comme ça! Tu pars loin de Madrid pour la première fois, tu croyais vraiment que j'allais me contenter de t'appeler une fois arrivée?
Marta lui sourit en guise de réponse.
Adela, poursuivant: Tu as bien retenu mes conseils? Tu sais que tu peux m'appeler si jamais quelque chose ne va pas? Et tu te souviens que si la compagnie...
Marta, l'interrompant: Adela... Je t'ai très bien écouté, et tout se passera bien! Je ne vois pas pourquoi tu te fais un sang d'encre pareil!
Adela, les yeux brillant: Peut-être parce que c'est la toute première fois que tu m'es arrachée...
Marta: Tu es bien partie à New-York!
Adela: C'est vrai, mais ce n'était pas pareil. Je savais où te trouver, je savais que ma petite soeur se trouvait à Madrid et à l'école de Carmen Arranz. Cette fois ce ne serait plus aussi facile... D'abord Londres, ensuite Paris, puis Milan...
Adela laissa échapper un soupir en secouant la tête.
Marta, d'un ton rassurant: Ne t'inquiète pas! Si Carmen m'a conseillée cette compagnie ça ne peut que être bon signe! Et si je meurs je ferais en sorte que tu sois la première au courant!
Adela: Marta! Ce n'est pas marrant! Bon, je vois que tu es décidé à partir...
Marta, étonnée: Evidemment! Tu n'es pas heureuse pour moi?
Adela, lui prenant les mains: Si... bien sûr que si. Je veux que tu vives à fond ta passion, que tu profites de façon raisonnée la vie qui t'es offerte. Je ne veux pas que tu finisses comme moi... Non c'est important que je le dise, précisa Adela en s'apercevant que Marta allait l'interrompre. Je suis très fière de ton parcourt jusqu'à maintenant, et si partir à l'étranger te permettra de suivre cette destinée...
Les deux soeurs s'échangèrent un regard complice suivit d'un sourire confiant. Un silence prit place, leur permettant de réaliser l'avancement du cours des choses.
Adela, lorsque le vol de Marta fut annoncé: Bon, prépare-toi, tu dois y aller...
Marta, respirant un bon coup: Oui... Je suis prête à montrer de quoi je suis capable!
Adela, souriant: Promets-moi de m'écrire souvent ... Et de m'appeler aussi, il faut que je sois au courant de tout pour te complimenter devant les autres professeurs!
Marta: T'inquiète... Il faudra que je sois sur mon lit de mort pour t'oublier! Et arrête d'angoisser pour un rien : je reviens dans six mois! C'est pas un siècle!
Adela, haussant les épaules: Pourtant c'est l'impression que ça va me laisser.
Après un dernier regard, Adela s'avança un peu plus et serra sa soeur dans les bras. Elle désirait retenir ses larmes afin de ne pas lui compliquer son départ. La voir si confiante la rassurait, et le déchirement qu'elle ressentait devait rester ancré en elle.
Marta: Tu vas quand même me manquer.
Adela: Je préfère ça. Allez, je te souhaite un bon voyage ma belle.
Adela desserra son étreinte et l'embrassa sur le front. Elle resta encore un moment à regarder sa petite soeur se distancer. Elle observa en un silence contraint ses longs cheveux bruns, jusqu'à ce qu'ils pivotent et partent de son champ de vision. Elle n'aurait pu de toute évidence continuer à les distinguer à travers les larmes qui se manifestaient et embuaient ses yeux.
Marta s'arrêta un instant devant la porte qui permettait d'accéder à son avion. Elle huma l'air de Madrid une dernière fois, s'imaginant parcourir les différents pays de son itinéraire. La jeune danseuse sourit, un vrai sourire emplie de joie et d'entrain : son rêve débutait.


****

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 12:06

Modifié le mardi 04 mars 2008 13:29

EpisØde 22=>LØrsque la pièce manquante se trØuve devant nØus<=

En raison du retard que je mets à vous poster mes suites, je vous mets ici le début de ce 22ème épisode afin que vous ayiez moins à patienter ;)

Lorsque la pièce manquante se trouve devant nous


À Madrid.
Ces meubles, tous ces arrangements, ces décorations, cette façon de tout ranger afin de ne pas gêner le regard...
Roberto se frotta les yeux et tenta quelques pas à l'intérieur de ce qui était le salon. Le cuivre du canapé étincellait à la lumière du soleil, tout comme le bois vernis de la bibliothèque, brillant de propreté.
Roberto avança encore de quelques pas, et sentit le contact d'un objet étranger contre son pied. Il baissa les yeux et découvri la fourre d'un livre tombé là sans doute par inadvertance. Ce livre, qui brisait cette pièce si ordonnée.
Le ramassant au passage, le jeune homme se laissa tomber sur le cuivre moelleux du canapé. Lorsqu'il posa le regard plus loin devant lui, un tableau finement travailler lui répondait. Tout était si différent, si étrange pour lui, si éloigné de l'idée qu'il s'était faite d'elle...
Il se souvenait très bien de ces moments heureux assis côte à côté au bord du lac, prévoyant ensemble l'avenir. L'avenir...Un bien grand mot pour Roberto, même à l'époque. Pourtant, il se souvenait avoir la véritable envie de s'installer plus tard avec elle, de fonder une famille, de finir leurs jours en se tenant la main comme ils le faisaient en cet instant. Il l'aimait éperdumment, il aurait tout donner pour elle, tout tenter, mais voilà que la vie en avait décidée autrement. Un évènement s'était présenté, évènement malheureusemen inattendu pour ces deux jeunes personnes encore innocentes et insouciante, encrés dans leur vie d'adolescents. Cet évènement qui est venu les séparés...

Une voix féminine se fit entendre: Tu es là toi aussi?
Roberto sursauta et se retourna brusquement, cachant inutilement et sans raisons apparente le livre qu'il avait ramassé précédemment. Une femme âgée de la cinquantaine l'observait sereinement, une main posé sur son sac, l'autre tenant la poignée de la porte.
Roberto, surpris: Maman? Qu'est-ce que tu fais ici?
Mme Arenales: La même chose que toi, je suppose...Enfin, je venais surtout comme ça...Sans être vraiment décidé de ce que je ferais ensuite.
Roberto: Tu avais un double des clefs?
Mme Arenales, toujours debout devant son fils: Oui. Bea et moi étions très proches Roberto, tu ne le savais pas?
Roberto, un peu dépassé: Et bien...non. Elle ne me disait pas grand chose, tu sais.
Roberto sentit le regard de sa mère posé sur lui. Elle essayait de déceler chaque partie de son fils, afin de découvir ses sentiments qu'il gardait caché, comme elle savait si bien le faire.
Mme Arenales, d'une voix douce: Je suppose que ça a dû être dur pour toi...D'abord le décès de Bea, et ensuite l'état dramatique de Sergio...
Roberto, croisant les jambes: Comment tu sais pour Sergio?
Mme Arenales: Enfin, je suis sa grand-mère! J'espère bien être mise au courant de l'état de mon petit-fils, tu ne crois pas?
Roberto hocha lentement la tête. Tant de choses qui lui étaient passées devant le nez, sans qu'il ait pris la peine de tendre la main pour les attraper et les étudier. Tous ces éléments qui sembleraient évidents à n'importe quels pères, mais pas à lui, lui qui n'avait pas joué son rôle comme il l'aurait dû, préférant se tenir éloignés des évènements, s'y impliquant que plus tard. Bea avait été une bonne mère pour Sergio, sa mère avait été une bonne grand-mère, le mari de Bea sans doute un bon père...Et lui? Qu'était-il dans tout ça? Avait-il simplement aider Bea à lui donner un enfant, ou bien jouait-il ou devait-il jouer son rôle?
Mme Arenales: J'ai téléphoné à l'hôpital, et j'ai appris qu'il allait beaucoup mieux, en très bonne forme même.
Roberto: Oui, je sais. J'ai souvent été le voir durant son séjour à l'hôpital. Et je peux te dire qu'il va...plutôt bien.
Mme Arenales: Oui, c'est ce qu'on m'a dit. Je suis heureuse de voir que tu ne l'as pas oublié.
Roberto, d'un ton sec: Evidemment, c'est mon fils!
Mme Arenales, d'une voix plus douce: Je ne voulais pas te contrarié Roberto...Je suis seulement heureuse, parce qu'il aurait besoin de beaucoup d'amour.
Roberto se contenta de garder son regard fixer sur le tableau qui lui avait remémorer ce souvnir au bord du lac.
Mme Arenales: On m'a dit aussi qu'il était sorti de l'hôpital...Il est avec toi?
Roberto: Oui, ça t'étonne?
Mme Arenales: Non, pas forcément. Je sais aussi que tu as la garde de l'enfant maintenant.
Roberto ne répondit pas, préférant concentrer son attention sur le cadre du tableau.
Mme Arenales: Tu sais que tu n'es pas obligé de le garder.
Roberto: Maman, je le garde.
Mme Arenales: Je sais ce que tu pense, mais détrompe-toi, ce ne serait pas faire preuve de lâcheté que de me le confier. Tu es encore jeune, comment voudrais-tu réussir à élever cet enfant? Et ce pauvre petit a qui on devra annoncer la mort de sa mère! Tu y as déjà songé?
Roberto, serrant l'accoudoir du canapé: Je le lui ai déjà annoncé.
Mme Arenales, les yeux arrondis sous le choc: Quoi? Oh mon Dieu! Enfin Roberto, il faut faire preuve de tact pour se genre de chose, il doit être chambouler ce pauvre petit!
Roberto savait que sa mère lui parlait gentiment, qu'elle n'avait pas de mauvaises intentions en prononçant ces paroles, mais elle continuait de le sous-estimer, comme toujours.
Roberto, d'un ton ferme, la regardant dans les yeux: Je vais te dire une chose maman: je vais garder Sergio, de un parce que c'est mon fils et que je l'aime, de deux parce que je veux assumer et non ignorer le fait que j'ai un enfant. Je suis déjà passer à côté de trop de choses. Je l'élèverais, et si tu penses que c'est une mauvaise idée, c'est comme tu veux, mais ce n'est pas ça qui me fera changer d'avis!
Se relevant d'un geste brusque du canapé, il évita d'un mouvement la main de sa mère qui voulait le retenir et s'éloigne de cet appartement qui renferme des souvenirs qui ne sont pas les siens.


Dans la salle des professeurs.
L'atmosphère était plus que tendue autour de la longue table blanche qui les réunissait tous sur la demande de la directrice. Adela ignorait royalement Cristobal qui tentait en vain de croiser son regard pour lui exprimer sans parole quelques explications. Juan et Diana évitaient le regard l'un de l'autre et semblaient étrangemment muets. Autour de ce silence pesant, Gaspard, Irène et Beatriz ne savait s'il convenait de placer un mot ou deux afin de détendre l'atmosphère ou s'il était préférable de se taire et d'observer le mur d'en face.

J.J, entrant subitement dans la pièce: Désolé du retard, il y avait du traffic.
Gaspard, ravi d'avoir une raison de s'exprimer: Ne t'inquiète pas, Carmen et Alicia ne sont pas encore arrivées.
J.J, prenant place à côté d'Irène: Tant mieux.
Beatriz: J'ai hâte de découvrir votre comédie musicale! Elle a l'air tellement...romantique!
Les deux personnes visées se contentèrent d'hocher la tête.
Irène: Bon, ça suffit! On est des colègues qui sont censé réussir à s'échanger des propos, non?
Adela, relevant la tête: Je suis tout à fait d'accord!
Cristobal, souriant: Moi aussi!
Adela se hâta de se concentrer sur ces feuilles à cette réplique.
Juan: Moi j'aimerai que la Jauregui se dépêche au risque de me voir partir sur le champ!
J.J, d'un ton léger: Ca nous fera des vacances, n'hésite pas à t'en aller.
Carmen, entrant d'un pas précipité: Excusez-moi, j'avais complétement oublier qu'Alicia n'est pas disponible pour le moment, il nous faudra remporter ce conseil.
Juan: On peut aussi le faire sans elle, non?
Carmen, d'un ton irrévocable: Non, non, on le remporte.
À ce changement, Irène se lève afin de se diriger hors de la salle, suivit de près par Beatriz et Gaspard, tandis que Carmen ferme la porte de son bureau.
Cristobal: Adela, je...
Adela, se levant à son tour: Je t'ai dit que je ne voulais pas en parler Cristobal. On va terminer cette comédie ensemble, et après basta!
Cristobal, haussant le ton: Tu ne peux pas m'empêcher de te donner des explications! Tu ne peux pas passer comme ça à autre chose!
Adela, avant de refermer la porte: Il n'y a rien à en redire.
Cristobal frappa d'un coup de poing vigoureux sur la table, énervé. Tout cela c'était passé sous le coup de l'alcool, sous le coup de paroles prononcées maladroitemment par Juan, et rien d'autre. Il allait faire tout ce qui était possible pour qu'elle daigne l'écouter.
Diana, lorsqu'elle se retrouva seule avec Juan: On peut parler maintenant?
Juan: Pas maintenant! J'ai un programme a terminé, une autre fois.
Diana: Juan...Pourquoi est-ce que tu m'évites depuis ce matin? On vit ensemble je te signale, alors il faudrait que ça change!
Juan: Rectification: je t'ai herbergé parce que tu ne savais pas où aller, ça ne veut pas dire que nous sommes deux colocataires.
Diana, soupirant: Je crois qu'il n'y a personne de plus pénible que toi!
Juan: Et pourtant tu m'aimes.
Diana, surprise: Qui as-dit que je t'aimais?
Juan, d'un ton sarcastique: Oh, c'est vrai que pour toi le sexe n'est qu'un jeu!
Diana: Pardon? Tu es mal placé pour dire ça je crois!
Juan: Laisse tomber.
Diana, les mains sur les hanches: On la bien fait alors que tu ne m'aimais pas. C'était un jeu pour toi!
Juan: Ecoute, j'étais complétement démoralisé, alors si une femme vient vers moi comme tu l'as fait, je ne vais pas dire non!
Diana, souriante: C'est ce que je disais! Tu le fais sans ressentir de sentiments!
Juan, énervé: Bon, ça va, t'as eu ce que tu voulais?
Diana: Non Juan, j'aimerais que tu me dises si tu m'aimes vraiment!
Juan: J'en sais rien! Tu m'énerves à la fin!
Diana: Comment ça t'en sais rien? Tu es forcé de savoir!
Elle se dirige vers lui d'un pas décidé et l'embrasse fougueusement.
Diana, se retirant: Alors? Qu'est-ce que tu ressens?
Juan, encore surpris: Et bien...je ne sais pas. De l'attirance?
Diana: Sexuelle ou amoureuse?
Juan: Olala arrête de compliquer les choses! Et toi, hein?
Il s'approche à son tour et l'embrasse tout comme elle l'avait fait précédemment.
Diana: Là j'ai envie de le faire.
Juan: Tu vois, toi aussi c'est de l'attirance sexuelle.
Diana: Tu ne peux pas dire ça comme ça! Il faut être capable de voir ce que tu ressens quand tu le fais!
Juan: Je n'ai aucun souvenirs de la nuit dernière.
Diana, s'approchant de lui en tirant son col: C'est pour ça qu'il faut qu'on le refasse.

À Séville.
Les pas esquissés par la danseuse s'interrompirent brusquement devant la jeune femme qui vomissait malgré elle. Silvia essayait de se calmer et de maîtriser sa respiration qui s'était accéléré, tout en tentant de passer inaperçue, ce qui lui était quasiment impossible étant donné le nombre de regards tournés vers elle. Elle sentait le regard anxieux d'Alicia qui semblait hésiter sur la manière de procédé et l'inhabituel silence des applaudissements.

Une voix masculine: Mademoiselle?
Une autre: Qu'est-ce qui se passe?
Silvia se contenta d'esquisser un mouvement de tête pour qui ces regards insistants diminuent et que le spectacle reprenne. Alicia sentit le malaise de sa nièce et tenta de prendre les choses en main.
Alicia: C'est bon, tout va bien, vous pouvez vous rasseoir...
À ce moment la danseuse descendit de la scène et n'avait d'yeux que pour cette jeune femme qui lui semblait mal en point. De la compassion s'était ajoutée dans son regard.
Francesca: Mademoiselle, on devrait vous sortir de la salle.
Silvia ne peut se résoudre à relever la tête qu'elle maintenait baisser, elle ne pouvait pas, elle n'en avait ni la force ni l'envie. Alicia se tenait figée sur son siège, le visage presque en retrait devant ces deux personnes qui n'étaient autre qu'une mère et son enfant.
Francesca, insistant: Se serait mieux pour vous, je vous assure. Que quelqu'un raccompagne cette jeune femme à l'extérieur s'il-vous-plaît!
Silvia releva brusquement la tête à l'idée de devoir quitter le spectacle et le plan conçu par sa tante. Etant donné les regards qui l'a visait, elle ne devait pas faire fière allure. Son regard croisa celui de sa mère, et une lueure passa dans le regard de Francesca, puis tout disparu.
Francesca, empoignant le bras de Silvia: Venez, vu que personne ne se décide, je vais le faire.
Et d'un pas décidé, Francesca conduit Silvia le long de la salle avant d'atteindre la porte de secours. Silvia ne peut se rtourner pour échanger un regard avec sa tante parce qu'elle devait se concentrer sur sa marche, encore vacillante.
Francesca, une fois parvenue à l'extérieur de la salle: Vous étiez venue seule?
Silvia, d'une voix crispée: Non, ma tante...Je suis venue avec ma tante...
Francesca, étonnée: Et elle ne c'est pas manifestée?
Silvia, embarassée: Non, si, enfin...
Elle ressentit soudain le besoin de s'asseoir et chercha un support du regard. N'en trouvant pas, elle s'appuya contre le mur présent.
Silvia, les mains sur le ventre: Vous n'avez pas un spectacle?
Francesca: Oui, mais je viens tout juste de terminer mon entrée, si vous ne l'aviez pas remarqué.
En effet, Silvia ne l'avait pas remarqué. Elle ne pouvait se résoudre à regarder avec insistance le visage, le corp, l'aspect de sa mère, trop sonnée devant la situation qui se présentait.
Francesca, s'inquiétant: Vous êtes sûre que ça va? Appelez votre tante et rentrez chez vous, c'est la meilleure chose à faire.
La tête de Silvia bourdonnait. Le moment tant attendu et tant craint s'était enfin présenté, elle était seule avec sa mère, seule avec son destin, et elle pouvait choisir la façon de faire qui lui convenait le mieux, aborder le problème comme elle l'entendait, il fallait juste qu'elle se décide.
Silvia: Je me sens mieux, je pense que je vais rester.
Francesca: Vraiment? Vous devez couver un virus, ou bien...
Silvia, secouant la tête: J'ai juste eu un malaise, parce que...Parce que j'ai été sous le choc...
Francesca: Sous le choc? Dites-moi, on ne s'est pas déjà vue par hasard? Vous me dites quelque chose, vous n'êtes pas danseuse?
Silvia, avalant sa salive: Et bien, enfait je suis...
Sa phrase se coupa car la porte qu'elle venait de quitter s'ouvrit à la volée et la personne qui tenait fermement la poignée n'était autre que sa tante. Alicia s'arrêta brusquement à l'encadré de la porte, figée devant sa nièce qui prenait appuie contre le mur et Francesca, dont les yeux s'étaient écartés.
Francesca, abasourdie: Alicia?
Silvia sentit des nausées ressurgirent et avala difficilement sa salive. Elle se sentait soudain exclue de ce cercle à côté de ces deux personnes qui se reconnaissaient subitement.
Francesca, peinant à trouver ses mots: Tu...Ca par exemple!
Alicia lui accorda un sourire crispée et rajusta par réflexe le bas de sa blouse.
Alicia, d'une voix toute faite: Bonjour, Francesca.
Francesca: Tu es venue voir le spectacle?
Alicia se contenta d'opiner.
Francesca, reprenant ses esprits: C'est...C'est vraiment une surprise! Ecoute, après la fin du spectacle on discutera, je dois d'abord m'assurer que tout est réglé pour cette jeune femme...
Elle lui indiqua Silvia du regard, qui ne savait où regarder: sa tante, sa mère ou le sol? Alicia hocha la tête comme si elle comprenait et croisa les bras.
Alicia: Je peux la ramener moi, tu as ton spectacle.
Francesca: Oh c'est gentil, mais il vaut mieux qu'elle appelle sa tante, n'est-ce pas?, demanda-t-elle en se tournant vers Silvia.
Celle-ci allait hocher la tête en cherchant rapidement une solution pour s'en sortir, mais Alicia fut la plus rapide.
Alicia: Oui, c'est pour ça que je suis là.
Ce qui suivit la réplique pourrait ressembler à un tableau réaliste: trois personnes figées dans leurs mouvements et leurs pensées, entourées seulement du silence pesant. La plus sonnée de toutes semblait être Francesca qui peinait à comprendre la signification de ses paroles. Ses paupirères se remirent en marche et sa tête se tourna lentement d'Alicia à Silvia.
Francesca, les mains aggripant la colonne présente à ses côtés: Silvia?
Son ton indiquait la surprise, une surprise immense, et la joie, le bonheur, la peur, l'effaremment, Silvia n'aurait pu les discerner.
Francesca, une fois que sa fille ait hocher la tête: Qu'est-ce que ça veut dire? Qu'est-ce que tu essayes de faire Alicia?
Alicia, tentant de s'exprimer doucement: Rien, Silvia a le droit de connaître l'identité de sa mère, tu ne crois pas?
Francesca, les jambes tremblantes: Tu te fiches de moi? Pourquoi...Pourquoi est-ce que tu me la rammènes là, ici, devant moi? Pourquoi...
Ses jambes réussirent tout de même à reculer de quelque pas, les yeux exorbités comme si Silvia représentait une grande menace.
Alicia, essayant de la raisonner: Francesca, c'est ta fille, et elle désirait te rencontrer, pour voir à quoi tu ressemblais, et...
Francesca: Tu mens Alicia! Encore une fois, tu mens!
Silvia colla son visage contre le mur froid et rugueux, les yeux fermés. Cette conversation n'avait pas de sens pour elle, comme sa vie entière.
Francesca: Laissez-moi tranquille, c'est tout ce que je demande!
Et s'en rajouter quoi que se soit, elle tourna les talons et rejoignit les coulisses à grands pas. Silvia sentit les larmes lui monter aux yeux, des larmes de rages et non de frustration.
Silvia, jetant toute sa rgae sur sa tante: Alors, tu es contente? C'est ce que tu voulais? Tu savais qu'elle allait réagir comme ça en te voyant, avoue-le! Tu ne m'as pas laissé faire, pourquoi t'es intervenue? Arrête de t'en mêler, je veux moi aussi qu'on me laisse tranquille!
La jeune femme courut dans la direction opposé d'Alicia, sans savoir où aller, mais loin, très loin de sa tante qui c'était, une fois de plus, décidé de faire comme elle l'entendait.

# Posté le samedi 29 septembre 2007 11:21

Modifié le mercredi 21 novembre 2007 08:48